Si les événements de la vie tordent nos existences au risque de parfois les abîmer, ils sont pourtant une convocation à une insondable capacité d’être, une invitation à donner aux autres ce trésor unique et enfoui : nous-mêmes.

Il y a un temps où il faut se réparer : c’est le temps du médecin ou du psy, la mise en carénage du bateau abîmé par la mer, le temps de la plainte, de l’écoute et de la compassion.

Et il y a un temps où il faut reprendre la mer pour livrer ses trésors et en découvrir de nouveaux : c’est le temps du capitaine, la traversée impétueuse et féconde du bateau renouvelé.

En cela le psy soigne et le chef sauve, car le (vrai) chef emploie chacun à proportion de ses dons et dans l’intérêt collectif. Il exige et fait grandir, nourrit chacun du sentiment d’utilité et de légitimité, rend tangible et payante (aux deux sens du terme) la participation au collectif.

Notre époque victimologue n’a pas réussi à sortir du cabinet du psy. Elle erre dans autant d’individualités cherchant sans fin des motifs d’accaparer l’attention. Nos médias en blouse blanche s’agitent à nous trouver des maux à complaindre pour nous laisser à sa portée, sur cale sèche.

Nous avons grand besoin de chefs capables de nous faire reprendre la mer, car notre âme individuelle et nos horizons collectifs sont à sa dimension…

François Bert

Aller plus loin? Lisez mon livre Le temps des chefs est venu

Et en attendant, retrouvez-moi sur l’émission de Radio Notre Dame

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