LE TEMPS DES CHEFS EST VENU

Autopsie de la personnalité présidentielle & solutions pour l'avenir

Blog

Pourquoi ce blog ? La réponse dans cet extrait de mon livre:

« L’urgence d’aujourd’hui se résume en une chose simple à comprendre mais difficile à mettre en œuvre : le renouvellement fondamental et quasi-complet de la classe politique. Nous nous retrouvons un peu dans la situation ubuesque des gouvernements successifs des généraux Tapioca et Alcazar, gonflés à tel point de colonels désignés par le lien affectif qu’il n’y a plus ni soldats pour aller combattre, ni chef pour manœuvrer.

Nous ne pourrons nous cacher longtemps derrière les programmes ou la bonne volonté déclarée pour avancer dans la reconquête du pouvoir et surtout de l’essence de son exercice. Il y a un moment où « l’immoralité est avant tout », comme dirait Napoléon, « de faire un métier que l’on ne sait pas ».

Les programmes portent en germe l’erreur cérébrale de « construire des paquebots dans des criques grecques » (bateaux parfaits qui ne peuvent juste pas… sortir du port). Les 1000 propositions d’un Le Maire par exemple sont une aberration opérationnelle : 80 % de la matière décisionnelle à venir, matière hautement connexe, variable et évolutive, dépend du contexte. Il faut pour aborder une séquence de pilotage des axes de travail et des principes de conduite mais d’abord et avant tout une capacité de transformation de l’inconnu en décision.

L’entêtement à faire ses preuves sur des programmes hors-sol et hors connexion a conduit à tous les excès idéologiques que l’on a connus ces dernières années (de manière paroxystique avec les totalitarismes mais avec déjà une violence certaine et des clivages lourds de conséquences dans nos propres démocraties) ; à chaque fois l’idée n’est pas de se connecter au bons sens inscrit dans l’espace-temps mais de faire passer à toute force la ligne promise par souci de vente, de conformité ou de rattrapage électoral.

Il est urgent de se reconstruire une élite dirigeante de chefs, issue des marées évidentes du bon sens et du courage sur les rivages de la vie réelle.

Nous ne voulons plus de professionnels de la vente : chaque début de leur discours éveille en nous le souvenir douloureux d’une arnaque déjà vécue et le désagrément que provoque le timbre de la mauvaise foi. Nous ne voulons plus non plus de ces experts prétentieux qui croient que l’exactitude des livres est plus précieuse que les éclats changeants de la vie opérationnelle. Nous voulons des patrons d’aventure, capables de se taire pour écouter, décider dans l’incertitude et avancer sans rigidité. »

Extrait de Le temps des chefs est venu, paru le 7 octobre 2016, François Bert.